24 mai 1944, deuxième jour de l'offensive depuis la tête de pont d'Anzio vers Cisterna. Dans des champs de blé détrempés au sud-est de la ville, la compagnie B du 15e régiment d'infanterie est clouée au sol par le feu de deux positions allemandes équipées de mitrailleuses MG42 : l'une à environ 200 mètres, l'autre à une centaine de mètres plus loin. Le terrain est plat, totalement exposé, avec presque aucun abri naturel : des terres gagnées sur les anciennes marais Pontins, transformées en zones agricoles et traversées de canaux de drainage. Le moindre mouvement déclenche immédiatement des tirs.
À ce moment-là, le sergent Sylvester Antelac, 27 ans, évalue la situation. Vétéran des campagnes d'Afrique du Nord, de Sicile et d'Italie, il a déjà été blessé au combat à plusieurs reprises. Il comprend que, si la première position n'est pas neutralisée, la compagnie ne pourra pas progresser et restera de plus en plus vulnérable au feu des armes automatiques et à l'artillerie.
Anzio est un front d'usure depuis des mois. Après le débarquement allié du 22 janvier 1944, l'opération censée ouvrir une route vers Rome se transforme en siège prolongé. Les forces allemandes organisent une défense en profondeur autour de la tête de pont, avec une observation efficace, des positions fortifiées et une artillerie réglée à l'avance sur les axes d'approche. Dans le secteur de Cisterna, le souvenir du désastre de fin janvier — lorsqu'une force de Rangers subit des pertes catastrophiques lors d'un assaut — a déjà montré à quel point la zone est difficile.
Antelac, fils d'immigrants polonais ayant grandi dans le comté de Belmont (Ohio), s'est engagé en 1941 et sert au sein de la 3e division d'infanterie, une unité au passé prestigieux. Comme beaucoup de sous-officiers en première ligne, il est armé d'un pistolet-mitrailleur Thompson M1A1 : une arme redoutable à courte distance, mais peu adaptée à une progression à découvert face à des mitrailleuses dotées d'une portée supérieure et d'une très forte cadence de tir.
Malgré cela, il décide d'agir. Il se porte en avant et avance vers la première position afin d'ouvrir une brèche pour son unité. Pendant sa progression, il est touché et mis au sol à plusieurs reprises, mais se relève et continue. Une fois suffisamment près, il peut utiliser son arme avec davantage d'efficacité, imposant une pression qui réduit la première position au silence et contraint les défenseurs encore présents à se rendre. Cette action permet à sa section et au reste de la compagnie de reprendre l'initiative et de se préparer à poursuivre l'attaque.
Bien que gravement blessé, Antelac insiste pour diriger le mouvement vers la seconde position, qui bloque toujours la progression. Lorsque l'avance reprend, il essuie de nouveau un feu intense et tombe avant d'achever l'assaut. Toutefois, l'élan créé par son leadership aide la compagnie B à poursuivre l'action et à réduire la résistance immédiate, ce qui permet à l'attaque d'avancer dans ce secteur.
L'offensive alliée depuis Anzio progresse dans les jours suivants, contribuant à briser l'encerclement de la tête de pont et à ouvrir la route vers Rome, prise le 4 juin 1944. Le comportement d'Antelac sera ensuite reconnu par l'attribution, à titre posthume, de la Medal of Honor, en raison de sa décision d'assumer le risque le plus élevé pour protéger ses hommes et accomplir la mission.
Aujourd'hui, sa mémoire demeure à travers différents hommages, notamment sa sépulture au cimetière et mémorial américain de Sicile-Rome à Nettuno, ainsi que des commémorations dans son État natal, où son nom reste associé au souvenir de ceux qui ont servi durant cette campagne.
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